Insécurité dans l’est RDC : Washington confirme « l’implication personnelle de Kagame » dans la conduite opérationnelle Pour sa première intervention publique depuis la signature de l’accord de Washington sur la désescalade dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), les États-Unis ont haussé le ton. À New York, lors d’une session spéciale du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à la situation dans l’Est de la RDC ce vendredi 12 décembre, Washington s’est dit « profondément préoccupé et extrêmement déçu » par l’évolution du conflit et par le rôle joué par Kigali. Le représentant américain, l’ambassadeur Mike Waltz, a livré devant le Conseil des informations nouvelles sur « l’ampleur et la sophistication de l’intervention du Rwanda pour atteindre ses objectifs militaires ». Selon lui, les renseignements recueillis par Washington démontrent « l’implication personnelle du président Paul Kagame » dans la conduite opérationnelle des forces engagées sur le sol congolais. Mike Waltz affirme que « 5.000 à 7.000 soldats rwandais sont actuellement déployés dans l’Est de la RDC », en soutien direct au mouvement M23. Il évoque également le déploiement de systèmes antiaériens avancés « visant à renforcer les capacités offensives du M23 face aux forces congolaises et aux armées partenaires ». Selon le diplomate, l’offensive conjointe lancée pour s’emparer de la ville d’Uvira, au Sud-Kivu, aurait impliqué « l’utilisation de drones kamikazes d’origine turque », un niveau d’engagement technologique rarement observé dans le conflit. Dans une critique directe adressée à Kigali, l’ambassadeur Waltz estime qu’« au lieu de s’engager sur la voie de la paix, le Rwanda entraîne l’ensemble de la région dans une dynamique de guerre ». Il a par ailleurs prévenu que les États-Unis « utiliseront tous les outils à leur disposition » pour freiner l’escalade et soutenir les efforts diplomatiques engagés. La MONUSCO au centre des débats La réunion du Conseil de sécurité visait également à examiner le renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies en RDC (MONUSCO), alors que son retrait progressif a débuté. Washington plaide pour une adaptation profonde de ses capacités : « La mission doit être dotée des moyens nécessaires pour soutenir la mise en œuvre des processus de Doha et de Washington », a insisté le représentant américain. Cette position rejoint en partie les préoccupations formulées par plusieurs pays africains, qui demandent un redéploiement stratégique de la MONUSCO dans des zones où la détérioration sécuritaire nécessite une présence accrue, notamment dans la province du Sud-Kivu. Pour Washington, la sortie durable de crise ne pourra être militaire. « La solution demeure fondamentalement politique », a rappelé Mike Waltz, appelant à « un changement de paradigme » dans la manière d’aborder le mandat onusien, jugé insuffisant face à l’évolution rapide du conflit. Vendredi dernier, la ville d’Uvira tombait entre les mains des rebelles M23, soit quelques jours seulement après la signature de l’accord de paix entre le Rwanda et la RDC.








Laissez-nous un message