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Annulation de la rencontre entre l’AFC/M23 et les experts de l’ONU : un revers aux implications stratégiques


Annulation de la rencontre entre l’AFC/M23 et les experts de l’ONU : un revers aux implications stratégiques Prévue du 23 au 27 mars 2025 à Goma, la mission des experts des Nations unies auprès de l’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC/M23) a été brusquement annulée en raison d’urgences de dernière minute, renseignent des sources proches. L’AFC/M23, qui avait déjà formalisé son accueil par un communiqué signé de son Secrétaire Permanent, Delion Kimbulungu, a exprimé son regret face à cette modification de l’agenda. Dans son communiqué du 21 mars, l’Alliance Fleuve Congo/M23 avait confirmé avoir reçu la correspondance des experts onusiens et s’était dite prête à les accueillir. « La coordination du mouvement était disposée à aborder avec responsabilité toutes les questions relatives à la mission dans les zones libérées », pouvait-on lire dans ce document officiel. Cette posture traduisait une volonté apparente du M23 d’engager un dialogue avec l’ONU, alors même que les relations entre les deux parties restent marquées par une profonde méfiance. Une annulation aux multiples interprétations Cette annulation intervient dans un climat de tensions croissantes dans l’est de la RDC. Elle fait notamment suite à un autre désistement stratégique : celui du M23 aux négociations de paix prévues le 18 mars à Luanda, en Angola. Cette volte-face était motivée par les récentes sanctions imposées par l’Union européenne à l’encontre de plusieurs figures du mouvement rebelle, des mesures perçues par l’AFC/M23 comme une tentative de torpiller les efforts diplomatiques. Le gouvernement congolais, qui avait envoyé sa délégation à Luanda, comptait sur ces discussions pour amorcer un règlement politique du conflit. La médiation angolaise avait même annoncé, dans un communiqué, des efforts pour ramener les rebelles à la table des négociations. Mais cette tentative s’est soldée par un échec cuisant, compromettant encore davantage les perspectives de paix. Depuis Windhoek, en Namibie, où il se trouvait pour une visite officielle, le président congolais Félix Tshisekedi a réagi pour la première fois au retrait du M23 des négociations. Il a qualifié le mouvement de « groupe terroriste dont l’objectif n’est pas la paix mais la destruction ». Une déclaration qui confirme la ligne dure adoptée par Kinshasa, qui refuse tout dialogue direct avec la rébellion. Le Rwanda, au cœur des tensions régionales Kinshasa continue d’affirmer que Kigali soutient activement le mouvement rebelle afin de s’assurer un accès privilégié aux ressources minières de l’est congolais. Ces allégations sont régulièrement étayées par des rapports d’agences onusiennes et d’ONG spécialisées, même si le Rwanda s’en défend, insistant sur le fait que le M23 est un mouvement « congolais, dirigé par des Congolais ». Pendant ce temps, la situation sur le terrain évolue rapidement. Le M23 poursuit son avancée militaire et vient de s’emparer de Walikale-centre, un territoire stratégique réputé pour ses immenses richesses en minerais. Ce développement inquiète au plus haut point les autorités congolaises, d’autant plus que des sources locales rapportent des mouvements aériens suspects dans la zone. Un avion léger non identifié aurait été observé survolant Walikale-centre, et certaines sources affirment même qu’il aurait atterri sur un aérodrome pourtant considéré comme hors service. Ce genre de signalements renforce les soupçons de la RDC sur une exploitation illégale des ressources minières par des acteurs étrangers en lien avec le M23. Le M23 et son parrain, le Rwanda, violent ainsi la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en février dernier. Ce texte désignait explicitement le rôle du Rwanda dans la crise en RDC et exigeait le retrait immédiat des rebelles appuyés par Kigali de toutes les zones occupées. Aussi, cette semaine, sous la médiation du Qatar, les présidents Tshisekedi et Kagame avaient convenu d’un cessez-le-feu immédiat. Une initiative qui semble être restée lettre morte, alors que le M23 poursuit son avancée et que les combats se poursuivent. Un enlisement du conflit en perspective ? Avec l’échec des pourparlers de Luanda et l’annulation de la rencontre avec les experts onusiens, les perspectives de règlement du conflit semblent s’assombrir. L’AFC/M23 pourrait chercher à reprogrammer cette rencontre, mais il reste incertain que les Nations unies prennent l’initiative de fixer une nouvelle date, au vu du climat explosif dans l’est de la RDC. Entre tensions diplomatiques, accusations de pillage des ressources et avancées militaires, la situation dans les zones sous contrôle du M23 continue de se détériorer.

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