Alerte Ebola : un bateau d’environ 200 passagers arrive à Maluku, Kinshasa renforce la surveillance

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Un bateau transportant près de 200 passagers est arrivé ce mercredi 5 août 2026 au port de Maluku, à Kinshasa, sous surveillance sanitaire renforcée, après le signalement d’un décès suspecté d’être lié à la maladie à virus Ebola.

L’embarcation, partie de Kisangani, dans la province de la Tshopo, a été escortée par la Force navale jusqu’à son accostage à Maluku. Sur place, les autorités sanitaires ont déployé un important dispositif comprenant notamment des tentes et des équipes médicales pour procéder à l’identification des passagers, au suivi des contacts et, si nécessaire, à l’isolement et à la prise en charge des personnes présentant des symptômes.

Un décès survenu durant le trajet

L’alerte remonte à un voyage effectué entre le 19 et le 21 juillet au départ de Kisangani. Selon le rapport de situation couvrant la situation au 3 août, les autorités sanitaires avaient recommandé le traçage des contacts liés à un décès survenu à bord d’un bateau parti de Kisangani.

Des informations complémentaires rapportent qu’au cours du trajet, un passager aurait présenté des symptômes compatibles avec Ebola dans la province de la Mongala. Il aurait quitté l’embarcation pour être pris en charge dans une structure de santé avant de décéder lors de son transfert. Aucun prélèvement n’aurait toutefois pu être effectué avant son inhumation, ce qui ne permet pas, à ce stade, d’établir avec certitude que le décès était dû au virus Ebola.

Le bateau a dès lors fait l’objet d’un suivi particulier, notamment en raison du risque de dispersion de contacts le long de son itinéraire fluvial.

L’OMS mobilisée à Maluku

À Maluku, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) accompagne le ministère de la Santé publique dans le renforcement des capacités de préparation au point d’entrée, en prévision d’une éventuelle riposte au virus Ebola Bundibugyo.

Les équipes sanitaires doivent notamment rechercher les personnes ayant été en contact avec le passager décédé, surveiller leur état de santé et identifier d’éventuels cas suspects. L’objectif est d’éviter qu’une éventuelle chaîne de transmission ne s’installe dans la capitale.

La situation est d’autant plus surveillée que les autorités sanitaires considèrent la forte mobilité des populations et les déplacements fluviaux comme des facteurs susceptibles de favoriser la propagation de l’épidémie. Le renforcement des points d’entrée et de la coordination figure ainsi parmi les priorités de la riposte.

La Tshopo déjà touchée par l’épidémie

La province de la Tshopo comptait, selon les données rapportées le 5 août, sept cas confirmés et cinq décès liés à Ebola, sans nouveau cas confirmé au cours des 24 heures précédentes.

Cette situation s’inscrit dans une épidémie de maladie à virus Ebola causée par le virus Bundibugyo, officiellement déclarée en RDC en mai 2026. L’OMS avait alors classé l’épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale, alors que plusieurs provinces congolaises étaient affectées.

À Maluku, l’arrivée de cette embarcation constitue donc un nouveau test pour le dispositif de surveillance sanitaire de Kinshasa. Pour l’heure, aucune contamination à Ebola des passagers du bateau n’est établie. Les autorités privilégient la surveillance, le traçage des contacts et l’isolement rapide de toute personne présentant des signes suspects.